« Jacques Derrida et la rature de l'origine »PDF

« Remarques sur le rapport de Sein und Zeit à la phénoménologie husserlienne »
(initialement paru dans Traditionis Traditio, Paris, Gallimard, 1972)PDF

« Remarques sur l'accès à la pensée de M. Heidegger »
(initialement paru dans Traditionis Traditio, Paris, Gallimard, 1972)PDF

« Pourquoi avons-nous publié cela ? »PDF

« L'enseignement de la philosophie »PDF

« Et tu, quis es ? »PDF

« L'École française de la perception »PDF

« Le psychologique et le phénoménologique »PDF

« Préface à la Krisis »PDF

« Husserl sur son chantier »PDF

« L'Europe de Husserl »PDF

« Sur le terrain de De l'Université : “ Socrate contre Platon ” »PDF

« Appel à ceux qui ont affaire avec l'Université en vue d'en préparer une autre »PDF

Le sens du temps et de la perception chez Husserl

(Première édition : Gallimard, Bibliothèque de philosophie, 1969
Deuxième édition : Éditions T.E.R., 2012)

Le sens du temps et de la perception chez Husserl propose une interprétation générale de la phénoménologie transcendantale qui en traverse les textes fondamentaux : Leçons sur le temps, Ideen I, Philosophie première, Krisis. Gérard Granel y soumet à l'analyse les thèmes conducteurs du husserlianisme (la reconnaissance de l'intentionnalité de toute forme de conscience et de l'absoluité de la conscience intime du temps, l'exigence d'intuitivité et de rationalité, etc.), et il procède à une évaluation critique de l'idée même de constitution transcendantale qui montre que les concepts husserliens d'immanence et de transcendance sont grevés par des équivoques qu'Heidegger lèvera dans Être et temps.


l'Équivoque ontologique de la pensée kantienne

(Première édition : Gallimard, Bibliothèque de philosophie, 1970
Deuxième édition : Éditions T.E.R., 2009)

« On verra en le lisant que ce travail se meut dans l'univers des questions ouvertes par Heidegger. Il cherche à faire paraître Kant en lui-même, non point en l'"expliquant par lui-même", ni à partir d'un point de vue extérieur au kantisme, mais en essayant de retrouver cette forme unique de la pensée occidentale aux prises avec son destin métaphysique qui définit le moment "critique". Mais on verra pourtant que ce que nous disons n'est jamais relié à aucun des trois ouvrages heideggeriens sur Kant, qu'il ne s'agit ni d'en reprendre les thèses, ni de les prolonger, ni d'en combler d'imaginaires lacunes. » G.G.


Traditionis Traditio

(Éditions Gallimard, Le Chemin, 1972)
Ce livre est aujourd’hui épuisé. Les Éditions T.E.R. en ont republié la section intitulée « Incipit Marx ».
Certaines autres de ses sections (sur la perception, Heidegger et Husserl et sur Jacques Derrida) sont disponibles en ligne, ici même

Traditionis Traditio

Le titre, dans la désuétude de son latin, veut indiquer par le jeu du même mot, une situation qui est essentiellement une situation de décalage : la traditio de la “tradition” est à la fois sa transmission et sa trahison. Mais d’où est venu à chacun le savoir qu’il possède aujourd’hui sur la métaphysique ? Sur la possibilité de sa lecture : possibilité de la voir jouer comme métaphysique dans de multiples ensembles théoriques et pratiques que la tradition philosophique eût naguère considérés comme extérieurs ? Un tel pouvoir de repérage à l’égard de la nature et des formes du discours métaphysique n’aurait jamais été acquis sans l’apprentisage d’un premier repérage et d’un premier décalage de la tradition : phénoménologie husserlienne, question heideggérienne du sens de l’être. Le contenu historique thématique où cette problématique est poursuivie ici est constitué par une lecture de Husserl, un repérage des rapports de Husserl et de Heidegger, une recherche de la pensée de Marx en 1844, enfin une tentative pour rattacher la crise actuelle de l’Église catholique au champ théorique contemporain. G.G.


Écrits logiques et politiques

(Éditions Galilée, La philosophie en effet, 1990)

Les textes ici rassemblés ne l’auraient pas été si, en dépit de leur occasion (conférences, articles, notes jetées sur le papier avant ou après des cours), comme à travers leur variété thématique, il n’était apparu qu’un seul et même travail en effet s’y rassemble. Mais cette unité ne se laisse guère “résumer”. C’est donc dans une certaine extériorité, et de façon seulement indicative, qu’on se risque à énoncer “de quoi sont faits” ces Écrits, et en quoi logiques, et en quoi politiques.
De la logique, on n’en “fait” nulle part dans ces pages ; on cherche plutôt ce qu’il en est de sa fondation chez Hus¬serl et de sa refonte chez Wittgenstein, tâchant de déterminer l’indétermination de la première (en porte-à-faux entre l’intuition catégoriale et l’abstraction formalisante) et de dégager l’originalité de la seconde (comme une sorte de métamorphose de la problématique initialement éthique et mystique du “non-sens”). Cela ne va pas sans re¬croiser Kant, ni sans marquer (au moins en pointillé) selon quels axes la traversée de la logique appelle une traversée de la linguistique.
La question politique (ou, comme on préfère souvent dire ici, archi-politique) ne s’ajoute cependant pas de l’extérieur à cette interrogation sur la logicité. Par l’aspect historique de cette dernière, elle est en effet déjà là lorsqu’il s’agit de repérer sur les coordonnées de la Présence et de la Production la situation ontologique de ce que l’on dévoile comme l’âme du monde moderne : le recroisement de la science et de la spiritualité. De la défense de Heidegger jusqu’à l’espoir déclaré – et motivé – que l’ex-Empire soviétique saura infléchir son effondrement vers autre chose qu’un simple basculement dans le capitalisme socio-libéral, presque tout ce qui est dit dans ce domaine paraîtra iconoclaste. Même la lecture de Hume, plusieurs fois reprise, ne peut y conserver long¬temps son air d’innocence académique


Études

(Éditions Galilée, La philosophie en effet, 1995)

Études

“Études” doit s’entendre au sens des peintres : “étude d’une main”, “étude d’une tête de vieillard”, etc. Autant dire qu’on ne trouvera ici que des textes autonomes, qui ne sont les parties d’aucun ensemble. Cependant ils appartien¬nent bien tous à une même manière, et n’ont tous comme ressource qu’une seule question : l’être-monde du monde.
Ces études sont sept. Elles vont pour ainsi dire de Socrate à Socrate, puisqu’elles s’ouvrent sur une lecture de Jean-Toussaint Desanti et se closent par des réflexions sur le Phédon. Les trois premières sont regroupées sous le titre “Les maîtres” et concernent successivement Desanti, Heidegger et Lacan. Sous le titre “Archipolitique” vient ensuite une étude isolée, qui fit en son temps quelque bruit et dont j’oserai dire qu’elle devient de plus en plus actuelle : “Les années 30 sont devant nous”. Puis l’on voit apparaître un couple de notions : “Voir et peindre”, soit un texte sur le champ visuel et l’infini chez Wittgenstein (“Le Monde et son expression”) et un autre qui illustre la peinture du Quattrocento à la lumière du Traité de la peinture de Léonard de Vinci.
L’ensemble enfin se referme (ou s’ouvre) sur ce qui constitue en effet les deux termes de toute existence : la nais¬sance et la mort. La sixième de ces études oppose à la problématique husserlienne de la chair dans les Ideen II une “définition” de la naissance (téméraire, bien évi¬dem¬ment), tandis que la dernière, déjà mentionnée, cherche en quoi con¬siste l’exemplarité de l’attitude de Socrate au cours de son dernier soleil. G.G.


Apolis

(Éditions T.E.R., 2009)
Recueil posthume

Sous un titre suggéré par une note retrouvée dans ses papiers, ce recueil rassemble un certain nombre de textes (non encore parus sous forme de volume) signés par Gérard Granel qui créa les Éditions Trans-Europ-Repress et les dirigea jusqu'à sa disparition en 2000. Granel y poursuit, avec une belle obstination, sa mise en perspective du monde a-mondialisable (de l'"offre du sensible" donné dans l'Ouvert et son retrait) et du monde mondialisé qu'il explore en recroisant librement les analyses heideggériennes de la technique planétaire et celles, marxiennes, de "la forme-capital" et en interrogeant les deux foyers de la Modernité : l'"infinité du sujet" et l'"infinité du travail-richesse". De ces parcours finement ramifiés qui mobilisent non seulement la tradition (Aristote, Dante, Descartes, Rousseau, etc.,), mais aussi les contemporains (notamment Lacan, Schürmann, Pontevia), il ressort que notre monde est bâti sur une "union de la science, de la démocratie, du bonheur et de la moralité" qui menace aujourd'hui d'enfermer l'Occident en même temps que tous les peuples de la planète dans une "grande cage dorée", et que le seul moyen dont ils disposent pour le rendre habitable est d'entrer en résistance.


l'Époque dénouée

(Éditions Hermann, Le Bel aujourd’hui, 2012)
Ce recueil réunit les études iniitalement parues dans
De l’université (Éditions T.E.R., 1982) et Cartesiana (Éditions T.E.R., 1984),
à quoi s’ajoute une étude sur Aristote publiée à titre posthume

L'Époque dénouée s’attache à démêler les fils embrouillés de la Tradition afin de comprendre ce qui nous arrive, à nous les tard venus.
À cette fin, Gérard Granel s’engage dans une analyse historico-historiale visant à déterminer la « loi la plus intime » de notre monde. Le nœud thématique qu’il retient dans les textes réunis dans ce volume est celui de l’“automate” dont il montre qu’il possède un triple nouage historique : la substantification par Platon de la psychè auto-mate, qui dessine la figure de la pensée comme mathesis ; l’universalisation par Descartes de l’idée de mathesis, dont le moteur est une logique de l’infinité induisant un devenir-ingénieur de l’esprit et une détermination du savoir comme savoir “automate” ; la propagation, mise en évidence par Marx, du principe d’infinité à tous les domaines d’activité, qui transforme le monde lui-même en une vaste « accumulation de marchandises » ne connaissant d’autre loi que celle imposée par la « substance automatique ».
Démêler le nœud de l’automate fait donc lever la question suivante qui fut celle de Nietzsche avant de devenir celle de Heidegger, et qui est aussi celle à laquelle nous confronte le versant non métaphysique des analyses de Marx : Comment nous départir de notre appartenance à un monde qui semble périmer tout avenir ?


Incipit Marx

Aux Éditions T.E.R.

Publié en 1969, « L’ontologie marxiste de 1844 et la question de la “coupure” » est un texte qui a fait date. Dans cette étude surtitrée Incipit Marx, Granel remet en effet en cause la thèse d’une « coupure » entre les Manuscrits de 1944 et L’idéologie allemande (parue en 1845 et co-signée par Engels) que Louis Althusser avait mise en avant quelques années plus tôt, et il entame une lecture de Marx nourrie par les questions heideggériennes d’où émerge une première esquisse de la figure du Marx ontologico-historial qui constituera l’un des axes centraux de son archéologie des Temps modernes.